L'expo

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Lucien Jonas. - Le salut au blessé

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2. Des artistes mobilisés pour soutenir les aveugles de guerre

Introduction

Introduction

Le thème du soldat blessé ou mutilé est très présent dans la propagande de guerre. On le retrouve dans des films, sur des affiches, des cartes postales, des chromos, ...

Une multitude d'associations apparaissent dès le début du conflit pour défendre la cause de ces combattants invalides. Des associations de soutien aux aveugles de guerre font appel à des artistes pour illustrer des affiches ou des cartes postales destinées à se faire connaître et lever des fonds. Ces images mettent l'accent sur la solidarité et le rôle constructif que les vétérans aveugles peuvent encore jouer dans la société.

L'illustration montre un soldat français aveugle en uniforme de fantassin, en pied et de face. Celui-ci est composé du fameux pantalon rouge « garance », du képi garance recouvert d'un couvre-képi bleu et d'une capote bleu gris fermée par une rangée de boutons et une ceinture. Les pans de la capote sont relevés sur l'avant pour dégager le pantalon, enserré aux chevilles par des bottines. Le soldat porte une médaille sur la poitrine. Il est représenté de face, les yeux vides, s'avançant en tendant les bras devant lui. À l'arrière-plan, en grisaille, on distingue un soldat casqué porteur d'un drapeau français et d'autres soldats à peine esquissé dans un nuage de fumée évoquant les combats.Alfred Ost. - Lithographie N 2/ 50 vendue au profit des prisonniers et aveugles français = Verkocht ten bate van de fransche blinden en gevangenen (Amsterdam, Kotting, 1911) [Affiche d'Alfred Ost (1884-1945) réalisée pour l'Œuvre du soldat aveugle. © Musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire, N° Inv KLM-MRA : 89500011. Photographe : Luc Van De Weghe.

Exilé aux Pays-Bas pendant la Grande Guerre, cet artiste anversois a créé, à titre gracieux, de nombreuses affiches, cartes postales et autres illustrations de circonstance pour des associations caritatives belges et internationales destinées à soutenir les combattants et les réfugiés belges.

L'aveugle de guerre en victime sacrificielle

L'aveugle de guerre en victime sacrificielle


Carte postale illustrée bichrome brun et beige. Au recto, l'illustration montre un soldat en pied, de face, nu-tête, les yeux fermés et le visage tourné vers le ciel. Une capote jetée sur les épaules, il est debout les pieds dans l'eau au fond d'un fossé et tend les bras devant lui.  Au verso figure un texte :  « Bonnes gens aux cœurs trop sensibles Qui rencontrez à chaque pas Des mutilés aux blessures horribles, Devant eux ne les plaignez pas, Vos cris de pitié sont pénibles Et plus pesants que le plus lourd des bâts. Bonnes gens au cœurs trop sensibles, De grâce, plaignez-nous plus bas !  Si vous pensez qu'ils sont sublimes, Voire héroïques, dans ce cas Songez aussi que ce sont des victimes ; Admirez-les, mais sans fracas. Vos louanges sont infimes ; Cela remplace-t-il œil, jambe ou bras ? Si nous vous paraissons sublimes, Ah ! Ne nous le claironnez pas !  Afin d'adoucir la souffrance, Point n'est utile de gémir ; Mais quand du mal on sait la provenance Beaucoup mieux vaut le prévenir. Pour que guerre ne recommence,  Nous restons le vivant souvenir,  Heureux de souffrir pour la France Si nous assurons l'avenir. »


André LagrangeCarte postale illustrée bicolore (s.l.n.d. [ca 1962])
Carte vendue au profit du Comité national du souvenir de Verdun, en vue de financer le Mémorial de cette bataille, l'une des plus meurtrières de l'Histoire. Elle dura 10 mois (du 21 février au 19 décembre 1916) et fit plus de 700.000 victimes, dont 306.000 tués et disparus et environ 400.000 blessés. Le comité constitué en 1951 est présidé par Maurice Genevoix, secrétaire perpétuel de l'Académie française et ancien combattant de 14-18. En 1962, il lance une souscription nationale pour la construction du Mémorial de Verdun, un des plus grands musées dédiés à la Grande Guerre, inauguré en 1967. La présente illustration est due à André Lagrange (1889-1958), peintre, décorateur et illustrateur français. Membre de l’Association des peintres et sculpteurs anciens combattants, fondée à Paris en 1931, il a réalisé de nombreux tableaux et illustrations relatifs à la guerre des tranchées et notamment à la bataille de Verdun. L'image, non datée, prend ici une valeur quasi allégorique, pour ne pas dire christique, présentant le calvaire du « Soldat de Verdun » aveuglé par les gaz, qui a fait le sacrifice de sa vue et bientôt de sa vie

L'aveugle de guerre icône patriotique

L'aveugle de guerre icône patriotique

Les invalides de guerre servent la propagande en incarnant le courage et l'abnégation des soldats, stimulant l'ardeur patriotique de la population, comme le montre cette illustration où les passants saluent le blessé avec déférence. La jeunesse, incarnée par le petit garçon au garde-à-vous, en costume marin et armé d'un fusil-jouet, est particulièrement concernée.

 

Carte postale en couleurs. L'illustration représente au centre un soldat français en uniforme d'infanterie, les yeux bandés d'un pansement blanc et le bras droit bandé de même et porté en écharpe. Il marche dans une rue, accompagné à sa gauche d'une femme d'âge mûr, vêtue de noir, qui lui tient le bras. À l'arrière-plan, un groupe de personnes le salue. À droite de l'image, vu de dos, un petit garçon en costume de marin, un fusil-jouet à la main gauche, se tient au garde-à-vous. La légende donne le titre en français, en anglais et en russe.

 

Lucien Jonas. - Le salut au blessé (Paris, Édition patriotique ; imp. I. Lapina, [ca 1915])
Carte postale illustrée en couleurs d'après un dessin du peintre français Lucien Jonas (1880-1947), paru dans L'Illustration (n°3755, 20 février 1915). Elle était vendue au profit de l'association Les Amis des soldats aveugles, basée à Paris. En 1916, l'éditeur réimprima cette même carte pour servir de « bon point patriotique » dans les écoles françaises. En février 1915, Lucien Jonas devient « peintre militaire attaché au Musée de l'Armée » et en 1916 il est nommé peintre officiel de la Marine. Il parcourt le front, de la Belgique jusqu'aux Vosges, réalisant au total 700 à 800 peintures à l'huile et près de 4.000 dessins, dont beaucoup sont reproduits dans des magazines populaires comme L'Illustration, Les Annales, Lectures pour tous et dans les journaux alliés.

Retour au foyer

Retour au foyer

Le retour au foyer des soldats devenus invalides est synonyme d'une nouvelle vie faite de soins, de rééducation et de revalidation. Les défis sont nombreux et le bonheur de retrouver les siens est parfois assombri par les soucis matériels et les difficultés liées à la réadaptation. Pour aider les vétérans, les autorités belges publient un Guide pratique de l'invalide de guerre qui donne quantité d'informations sur les soins, les allocations, les possibilités de reclassement en fonction du handicap.

 

Carte postale illustrée à la sanguine. L'illustration montre, en pied, de trois-quarts à droite, un soldat français vêtu d'une capote, coiffé d'un képi et muni d'une canne à la main droite. Il avance, les yeux fermés, la canne et le bras gauche tendus devant lui.
Carte postale illustrée à la sanguine. L'illustration montre un soldat, en buste, de trois-quarts à gauche, serrant dans ses bras sa fillette, joue contre joue. Le soldat est vêtu d'un manteau sombre et coiffé d'un képi. La fillette, habillée d'une robe claire à manches courtes, le bras passé autour du cou de son père, regarde le spectateur.


Lucien Lévy-Dhurmer – Deux cartes postales illustrées à la sanguine
(Paris, Héliogravure Marotte, 1915)
Cartes postales vendues, l'une, au profit de l’association Les Amis des soldats aveugles, l'autre au profit de l’œuvre Pour le foyer du soldat aveugle. L'illustration est due au peintre, sculpteur et céramiste français Lucien Lévy, dit Lucien Lévy-Dhurmer (1856-1953). Sa rencontre avec le poète belge Georges Rodenbach, dont il réalise le portrait en 1895, le rapproche du mouvement symboliste. Il en sera l'un des meilleurs représentants en peinture, aux côtés de Gustave Moreau, Fernand Khnopff et Odilon Redon.




Carte postale illustrée en couleurs. La légende indique en haut « 1914-1918, A.S.I.B. » [Asiles des Soldats Invalides Belges] et en bas « Notre but est d'apporter la joie et le réconfort dans le foyer des grands invalides ». L'illustration représente un soldat d'infanterie en uniforme kaki, assis sur un banc à l'entrée d'une maison de campagne. Il est coiffé d'un béret de police portefeuille avec son gland rouge, dit « bonnet à floche » en Belgique. Des lunettes noires lui masquent les yeux et il a la jambe droite amputée jusqu'au genou. Il tient une paire de béquilles posée entre les jambes. Le soldat est environné de fleurs posées à côté du banc et sur la fenêtre ouverte.


Marc-Henry Meunier. - Notre but est d'apporter la joie et le réconfort dans le foyer des grands invalides
(Bruxelles, s.n., [ca 1918])
Carte postale illustrée en couleurs d'après une aquarelle de l'artiste belge Marc-Henry Meunier (1873-1922), vendue au profit de l’association Asiles des soldats invalides belges (A.S.I.B.). Petit-fils du sculpteur Constantin Meunier et fils du graveur Jean-Baptiste Meunier, Marc-Henry Meunier – qui se fait aussi appeler Henri Meunier – mène une carrière de peintre, aquafortiste et affichiste. Engagé volontaire sur le front de l'Yser en 1914-1918, il réalise de nombreux dessins et aquarelles des tranchées et des lieux dévastés par la guerre.
Coll. privée

« La Famille du Rameau d'Olivier »

« La Famille du Rameau d'Olivier »

La Famille du Rameau d'Olivier est une organisation suisse d'aide aux victimes de la Première Guerre mondiale, fondée par Adèle Huguenin (1856-1933), institutrice puis écrivaine sous le pseudonyme de T. Combe et militante sociale. 
Ces cartes postales servaient, semble-t-il, autant à échanger les nouvelles entre membres de l'association qu'à stimuler les générosités. On en connaît au moins quatre-vingt-une différentes, dont plusieurs représentant des aveugles de guerre. Certaines d'entre elles ont pour thème la réinsertion du soldat aveugle, par le moyen du braille et de professions comme celle de masseur.




Carte postale photographique en noir et blanc.  En bas de la carte figure une légende : « Le sergent Riou Elie qui a perdu la vue frappé d'une balle à son créneau le 25 décembre 1914 ». Le soldat est photographié de face, en pied, devant une toile peinte simulant un décor de jardin. Il porte un uniforme sombre, composé d'un képi, d'une veste à quatre grandes poches et d'un pantalon. Deux médailles sont accrochées à sa poitrine. Il a l’œil gauche fermé. Il se tient légèrement tourné vers la gauche, la main gauche posée sur la hanche, le bras droit le long du corps, une cigarette à la main droite.

Carte postale photographique en noir et blanc.  En bas de la carte figure une légende : « Le sergent Adrien Mombœuf lit en braille un texte qu'il dicte au sergent Brun qui l'écrit sur la machine. (Voir Rameau d'Olivier, Mars 1917) ». La photographie montre en pied les deux soldats assis de part et d'autre d'une machine à écrire montée sur une table, avec une tablette rabattue à gauche. Les pieds en fer forgé portent la marque Remington en grandes lettres. Les deux militaires aveugles sont en uniforme, portant chacun un képi et des décorations. Le sergent Mombœuf, pris de trois-quarts à droite, a les yeux fermés. Le coude gauche légèrement appuyé à la table, il lit un feuillet en braille. Le sergent Brun, tourné vers lui, est pris de profil à gauche. Il porte des lunettes noires. L'arrière-plan est occupé par une toile peinte au décor de buissons.Carte postale illustrée d'un dessin à l'encre de Chine et au lavis, signé des initiales « M.L. ». Le dessin, intitulé « Pour la patrie, pour la famille », représente en médaillon un masseur militaire aveugle, soignant un homme en costume civil, tous deux vus de face. Le patient, assis, est vêtu d'un gilet et porte un nœud papillon. Le masseur, coiffé d'un képi et portant des lunettes noires, est en chemise et tablier blancs. Les manches retroussées, il manipule le bras droit de son patient, dont il a retroussé la manche. En bordure du médaillon, dans le coin supérieur droit de l'image, un soldat en tenue de campagne, sac au dos et le fusil en bandoulière, brandit un drapeau français avec l'inscription « Honneur et patrie ». Carte postale illustrée en couleurs. La légende indique en haut « 1914-1918, A.S.I.B. » [Asiles des Soldats Invalides Belges] et en bas « Notre but est d'apporter la joie et le réconfort dans le foyer des grands invalides ». L'illustration représente un soldat d'infanterie en uniforme kaki, assis sur un banc à l'entrée d'une maison de campagne. Il est coiffé d'un béret de police portefeuille avec son gland rouge, dit « bonnet à floche » en Belgique. Des lunettes noires lui masquent les yeux et il a la jambe droite amputée jusqu'au genou. Il tient une paire de béquilles posée entre les jambes. Le soldat est environné de fleurs posées à côté du banc et sur la fenêtre ouverte.
 
Carte postale illustrée d'un dessin à l'encre de Chine et au lavis, signé des initiales « M.L. ». Le dessin, intitulé « Pour la patrie, pour la famille », représente un soldat français aveugle, de trois-quarts à gauche, assis à une table. Il est en uniforme, coiffé d'un képi et porte des lunettes noires. Il lit un livre en braille. Une tablette et un poinçon pour écrire en braille est posée devant le livre. À l'arrière-plan, en médaillon, un soldat en équipement de campagne, sac au dos, porte un drapeau français avec l'inscription « Honneur et patrie ».
Cartes postales de la série « La Famille du Rameau d'Olivier » - Coll. privée