L'expo

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Leçon de musique

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6. Apprendre de nouveaux métiers à Boitsfort

Introduction

Introduction

Les stagiaires reçoivent des cours communs, axés sur les techniques de locomotion et l’initiation au braille. Plusieurs professions sont enseignées : cannage, vannerie, tricot mécanique, brosserie, musique et accordage de pianos. Ce sont là les principaux métiers considérés alors comme accessibles aux personnes aveugles. Les cours sont donnés dans trois grands pavillons en préfabriqué construits dans le parc.

 Montage photographique en noir et blanc. L’illustration se compose d’un montage de six portraits d’aveugles de guerre, en uniforme ou en vêtements de travail, exerçant chacun l’une des activités enseignées à l’institut de Boitsfort. Les portraits sont disposés en éventail, trois en haut et trois en bas. En haut, de gauche à droite : le premier joue du violon, le deuxième du luth, le troisième coupe une brosse avec une cisaille ; en bas : le premier lit un livre en braille, le deuxième tape à la machine à écrire standard, le troisième fabrique un panier en osier.

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Un aperçu des formations pratiquées : musique, brosserie, braille, dactylographie, vannerie.

Ateliers de métiers manuels

Ateliers de métiers manuels


Lithographie sur papier crème. Un aveugle de guerre est représenté de trois-quarts à gauche, à mi-jambe, en uniforme, nu-tête. Il porte des lunettes noires. Il est appuyé sur le rebord d’une table, le genou droit contre une cisaille. De la main gauche, il tient une brosse dont il coupe les poils en actionnant la cisaille de la main droite.

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« Le brossier / De borstelmaker »


Lithographie sur papier crème. Un aveugle de guerre est représenté de profil à gauche, en uniforme et nu-tête, assis par terre. Il porte des lunettes noires et une pipe à la bouche. Il tient entre ses jambes allongées un panier en cours de fabrication, qu’il tâte des mains. À l’arrière-plan, un autre vannier est esquissé, assis sur le sol lui aussi et tressant un panier, avec à sa gauche une pile de paniers.

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« Le vannier / De mandenmaker »


Photographie en noir et blanc. Vue d’un coin de l’atelier de brosserie, situé dans un local en bois préfabriqué, éclairé par des fenêtres qu’on aperçoit sur le mur à gauche de l’image. À l’avant-plan, un aveugle de guerre est vu debout, de profil à droite. Il est en vêtements de travail, coiffé d’une casquette. Il a un bandeau noir sur l’œil droit et une pipe à la bouche. Il coupe une brosse avec une cisaille montée sur un tréteau en bois, qu’il maintient en appuyant le pied droit sur la base. En face de lui se trouve une autre cisaille montée sur tréteau. À sa gauche, un peu retrait, se trouve un établi placé le long du mur sous une fenêtre. Un homme, vêtu d’un veston civil enfilé par-dessus un tablier blanc, est vu de trois-quarts à gauche, travaillant à une brosse fixée à un étau au bout de l’établi. Au fond de la pièce se trouve un grand établi en bois, placé latéralement par rapport aux fenêtres. La surface de l’établi est divisée en deux rangées de trois compartiments. Du côté visible sur la photo, un aveugle de guerre en vêtements de travail est occupé au compartiment à l’extrême-gauche. Les deux autres compartiments sont libres, mais on y voit du matériel. De l’autre côté, faisant face à l’objectif du photographe, trois aveugles de guerre sont à leur poste de travail. À leur droite, à l’extrémité de l’établi se trouve un homme en civil, portant une cravate, probablement un instructeur.

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Atelier de fabrication de brosses.


Photographie en noir et blanc. Vue d’un coin de l’atelier de tricotage, situé dans un local en bois préfabriqué, éclairé par des fenêtres qu’on aperçoit sur le mur à gauche de l’image. Un panneau avec l’inscription « tricotage » est accroché sur une poutre au plafond. Le centre de la pièce se trouve un poêle dont la buse monte au plafond. Sur la gauche de l’image, on aperçoit quatre machines à tricoter mécaniques, dont trois disposées le long du mur et une au milieu de la pièce. Trois aveugles de guerre en uniforme travaillent, debout, aux machines situées côté fenêtres. Au fond de la pièce un homme debout observe l’activité des stagiaires. Il est vêtu d’un veston blanc et appuyé sur une béquille. Du côté droit de l’image, un aveugle de guerre en vêtements de travail, coiffé d’une casquette, travaille assis à une grande table sur tréteaux. À l’aide d’un appareil fixé au bord de la table il bobine du fil provenant d’un dévidoir sur pied placé au centre de la table. À sa gauche, une femme assise exécute la même opération. À l’arrière-plan, on aperçoit une autre femme de face, assise derrière une table. À ses côtés sont disposés trois mannequins de couture portant des vêtements féminins.

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Atelier de tricotage.
Des machines à tricoter offertes par un organisme américain rendent le tricotage très accessible aux stagiaires aveugles.

Lithographie sur papier crème. Un aveugle de guerre est représenté de face, à mi-jambe, en uniforme et nu-tête, portant des lunettes noires. Il est debout devant une machine à tricoter mécanique. Sa main gauche repose sur la machine, sa main droite soulève un fil. À l’arrière-plan, à sa droite, un autre aveugle de guerre est esquissé. Il porte des lunettes noires et est coiffé d’un képi. La signature de Samuel De Vriendt figure en bas à droite.

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« Le tricoteur / Aan 't breien »

Musique et accordage de piano

Musique et accordage de piano


Photographie en noir et blanc. Vue d'un local en bois préfabriqué. La photo montre deux hommes en pied, de dos, travaillant à un piano droit placé contre une cloison nue. Le panneau avant du piano a été ôté et déposé contre la cloison. Une canne est posée contre le clavier à l'extrême droite. Sur la droite, un aveugle de guerre en uniforme, nu-tête, accorde le piano avec une clé d'accord qu'il manipule de la main droite, en enfonçant une touche du clavier de la main gauche. À gauche, le professeur d'accordage, un jeune homme en costume civil et portant des lunettes noires, touche l'embout de la clé d'accord de la main gauche et le clavier de la main droite. Entre les deux hommes se trouve un petit tabouret en bois à trois pieds où sont déposés deux pinces et un autre outil de réglage semblable à un tournevis.

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Photographie en noir et blanc. Vue d'un coin de local en bois préfabriqué. À l'avant-plan sont disposées trois chaises. Sur celle du milieu est assis un aveugle de guerre, qui joue du violoncelle. Il est pris de face, en pied, en uniforme, nu-tête et porte des lunettes noires. Sur la chaise à gauche de l'image, le professeur, placé de profil à droite, observe l'élève. C'est un homme d'âge mûr portant des lunettes et une grosse moustache. Il est en costume civil et se penche légèrement vers l'élève. Sur la chaise de droite, on voit un grand cahier fermé. Une canne est posée contre le dossier. À l'arrière-plan, contre la cloison nue, on aperçoit de gauche à droite, un piano droit sur lequel sont posés trois livres couchés, une petite bibliothèque de la même hauteur que le piano, avec quelques livres et, sur le haut, un trombone à coulisses. Sur la cloison perpendiculaire, à droite, est placé un harmonium au-dessus duquel se trouve un panneau où on distingue le mot « Boitsfort ».

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Les cours de musique, très fréquentés, sont donnés par deux professeurs, dont le plus jeune est lui-même aveugle. Outre l'accordage de piano,les stagiaires peuvent choisir des cours d'instruments en fonction de leurs goûts et de leurs dispositions : piano, orgue, harmonium, violon, violoncelle, accordéon, ...


Photographie en noir et blanc. Vue d'un local en bois préfabriqué prise au même endroit que la vue précédente, avec le violoncelliste. À l'arrière-plan, le piano droit a été légèrement déplacé vers la gauche et de biais par rapport à la cloison. Le trombone a disparu, mais un violoncelle est posé à droite de la petite bibliothèque. Au piano, deux aveugles de guerre, vus de dos et assis chacun sur une chaise, jouent à quatre mains. Celui de droite a un bandeau sur l’œil gauche. Derrière lui, le jeune professeur d'accordage se tient debout. À gauche du piano, le professeur plus âgé, placé de trois-quarts à droite, se tient debout, le bras gauche appuyé sur le haut du piano. À l'avant-plan, deux petites tables sont disposées de part et d'autre du piano. Quatre aveugles de guerre sont assis, deux à chaque table, l'un vu de face, l'autre de profil. Ils sont en uniforme, nu-tête, et portent des lunettes noires. Chacun lit une partition en braille.

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Tandis que deux élèves jouent à quatre mains sous la direction attentive des professeurs, leurs camarades suivent sur la partition en braille en guise d'exercice de lecture musicale.

La leçon de braille

La leçon de braille


Photographie en noir et blanc. Vue d'un coin de la bibliothèque. Les murs sont entièrement recouverts de rayonnages, chargés de livres, mais aussi de documents enroulés et de diverses boîtes. Un petit buste blanc est posé sur une étagère. À l'avant-plan, dos à la bibliothèque, un aveugle de guerre se tient assis à une table. Il est en uniforme et porte des lunettes noires. Il lit un livre en braille. Une tablette pour écrire en braille, un autre livre ouvert et un carnet sont disposés sur la table. À la droite du lecteur, le bibliothécaire se tient debout, la main droite posée sur le livre que lit son élève. Le bibliothécaire est un homme d'une soixantaine d'années, au front largement dégarni, portant la barbe et le nez chaussé de lunettes. Il est vêtu d'un costume civil sombre, avec une cravate.

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La bibliothèque braille est tenue par un bibliothécaire aveugle envoyé de France par l'Association Valentin Haüy. Il donne ici une leçon de braille.

Secrétariat

Secrétariat


Photographie en noir et blanc. Vue du jardin d'hiver, avec les baies vitrées sur la droite et tout au fond une grande porte vitrée qui donne sur le hall d'entrée. Un aveugle de guerre, vu de profil à droite, est assis à une table, faisant face à la baie vitrée. Une canne en jonc est pendue à son dossier. Il est en uniforme, chaussé de pantoufles. Il porte des lunettes noires et, sur la tête, un casque d'écoute relié à un dictaphone à cylindre. L'appareil est posé sur un guéridon à roulettes placé à sa droite. Il tape à la machine à écrire standard. À droite de la machine sont déposées quelques feuilles de papier et sur le coin droit vers la fenêtre, l'étui du cylindre enregistré.

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La correspondance dictée par la direction est enregistrée sur un dictaphone électrique à cylindre et tapée à la machine par un aveugle de guerre. Équipé d'un casque écouteur – et chaussé de charentaises –, il se sert d'une pédale pour interrompre et reprendre la lecture de l'enregistrement. On remarque sur le bureau la boîte de rangement du cylindre.

À la pointe du progrès : l'optophone

À la pointe du progrès : l'optophone


Photographie en noir et blanc. Vue d'un coin de local aux murs tapissés de papier peint et d'une frise. Vu de face, à mi-corps, dos au mur, un aveugle de guerre est assis à un bureau sur lequel est posé l'optophone. Cet appareil de forme parallélépipédique, est d'un volume semblable à une grosse machine à coudre. Un livre est posé à plat sur le dessus de la machine. Le soldat est en uniforme, la tête coiffée d'un casque d'écoute relié à l'optophone. De la main droite, il manipule des boutons disposés en rangée sur la droite de l'appareil et d'où partent des fils vers le sol.

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Un aveugle de guerre procède à la lecture d'un livre imprimé en noir au moyen d'un appareil sophistiqué, l'optophone inventé en 1913 par un savant irlandais, Edmund Edward Fournier d'Albe (1868-1933). C'est une des premières tentatives de reconnaissance optique de caractères. Le système est composé d'une rangée de cinq sources de lumière disposées verticalement pour « scanner » la page imprimée placée sur une vitre. Le signal lumineux, qui varie en fonction de la densité et de la forme de chaque caractère, est transmis à des cellules au sélénium photosensibles. Celles-ci transforment les ondes lumineuses en ondes sonores et le texte devient en quelque sorte une phrase musicale dont chaque note correspond à un caractère. Fournier d'Albe déposa un brevet en 1920 et quelques exemplaires furent fabriqués, mais le processus de lecture était désespérément lent. Des machines du même type furent développées dans les décennies suivantes, avec des performances améliorées grâce aux progrès de l'électronique.


Vue détaillée de l'optophone

Gravure en noir et blanc. Dessin schématique de l'optophone. Sur la gauche, on distingue un disque perforé placé face à une lampe et relié à un petit moteur électrique. Ce dispositif est surmonté d'un châssis soutenant une vitre sur lequel est posé un livre ouvert. L'ensemble est placé sur une planchette crantée dont le mouvement est commandé par une manivelle visible sur la droite, à côté du commutateur. Un casque d'écoute est relié à l'appareil par des fils électriques.

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