L'expo

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Bibliothèque de la Ligue Braille

©Coll. privée

8. La Ligue Braille

Sa naissance en 1920

Sa naissance en 1920

Au lendemain de la Grande Guerre, le sort des soldats mutilés des yeux engendre en Belgique comme dans toute l'Europe un mouvement de sympathie envers les aveugles de guerre, qui s’étend à toutes les personnes handicapées de la vue.

C’est dans ce contexte que naît la Ligue Braille, au début de l’an 1920, à l’initiative de deux femmes aveugles, Élisa Michiels et Lambertine Bonjean. Elles ont d'abord réuni un petit groupe de bénévoles pour transcrire des textes en braille et former ainsi une bibliothèque destinée aux personnes aveugles. Le projet se développe et aboutit en avril 1920 à la création de la « Ligue Braille nationale pour le bien des aveugles », dont le nom sera simplifié plus tard en « Ligue Braille ».

Très vite, la Ligue étend son action au-delà de l’objectif initial axé sur la bibliothèque braille et se donne pour but de rencontrer l'ensemble des besoins des personnes aveugles et malvoyantes, sans distinction d’origine sociale, de langue, d’opinion politique ou philosophique.

La Ligue Braille soutient l'initiative de la reine Élisabeth à Boitsfort en envoyant des bénévoles faire la lecture à haute voix aux soldats aveugles ou les accompagner dans leurs promenades.


Carte postale photographique. La légende en bas de l'image indique : « Bibliothèque de la Ligue Braille » avec à gauche la marque de l'éditeur Nels. La photo montre une pièce mansardée dont les murs sont couverts de rayonnages chargés de livres. Au fond de la pièce, une porte est entrouverte, laissant voir un petit bureau. À l'avant-plan, au centre, deux hommes aveugles vus de profil sont assis de part et d'autre d'une table. Celui de gauche, moustachu, en veston, col et cravate, porte des lunettes noires. Il lit un livre en braille avec l'index de la main gauche, la main droite posée à côté du livre. Face à lui, un aveugle plus âgé, portant aussi la moustache mais sans lunettes, en habit de travail, exécute le cannage d'un siège de chaise, posé sur la table. Plusieurs volumes sont posés à l'autre bout de la table. Sur la droite, une femme aveugle, Élisa Michiels, est assise, vue de face, à un grand bureau. Elle a les yeux clos et écrit en braille à l'aide d'une machine de type Stainsby, réglette mobile à six touches que l'on déplace sur une tablette dotée de repères crantés. Un livre est ouvert de l'autre côté de la tablette. Sur le coin du bureau est posé un petit pot avec un bouquet de fleurs. À l'arrière-plan, au fond de la pièce, deux autres femmes sont occupées. L'une, sur la droite, vue de face, est assise à une table chargée de fiches et de documents. Elle écrit au crayon dans un registre. L'autre, debout sur la gauche, de profil à gauche, est vêtue d'un tablier. Elle porte un livre ouvert dans la main gauche tout en tirant de l'autre main un volume du rayonnage. Derrière elle on distingue un escabeau en bois.

Carte postale ancienne éditée à Bruxelles par Nels et vendue au profit de la Ligue Braille. - Coll. privée

La bibliothèque de la Ligue Braille dans les greniers du Palais d'Egmont à Bruxelles, au début des années 1920. Au premier plan, à droite, Élisa Michiels, cofondatrice de l'association, corrige une copie braille. Les livres étaient envoyés en prêt par la poste dans tout le pays. Des personnes handicapées de la vue – et parmi eux des aveugles de guerre – y venaient pour étudier le braille et se perfectionner.

 

Photographie originale en noir et blanc. Photographiés à mi-corps, la reine et le président de la Ligue Braille se tiennent au bord d'une table. Sur la droite, Gérard Borré, de profil à gauche, est vêtu d'un costume gris, d'une chemise blanche et d'une cravate. Grisonnant, il porte un bouc presque blanc et a les cheveux coupés très courts. Il lit une revue en braille posée sur la table. La reine lui fait face, le coude droit appuyé sur la table. Elle est vêtue d'un chemisier clair, d'un manteau de couleur sombre et coiffée d'une toque à résille de couleur sombre et orné de fleurs blanches. De la main gauche, gantée de blanc, elle serre sur sa poitrine un grand bouquet de muguets. À l'arrière-plan, on voit une bibliothèque dont les rayonnages sont remplis d'exemplaires d'une revue en braille.

Photo Ligue Braille

En 1953, La reine Élisabeth accorde son haut patronage à la Ligue Braille. On la voit ici avec le président de l'association, Gérard Borré, le 31 mars 1951, lors de l'inauguration de nouvelles installations de la Bibliothèque de la Ligue Braille.

Un vétéran parmi les fondateurs de la Ligue Braille : Armand Neels (1890-1971)

Un vétéran parmi les fondateurs de la Ligue Braille : Armand Neels (1890-1971)

Fils d'un pharmacien de Beveren-Waes (Flandre-Orientale), Armand Neels est né à le 27 décembre 1890. Incorporé comme milicien dans l'armée belge le 6 mars 1916, il reçoit son instruction militaire en France et rejoint le front en août 1917. Il est nommé adjudant le 25 octobre 1918. Blessé par un éclat d'obus à Zwijnaerde le 7 novembre 1918, il reste estropié à vie. Grand invalide de guerre, il fait carrière dans les services administratifs de l'armée, comme secrétaire d'état-major. Il est élevé au grade de capitaine en 1930.

C'est durant sa longue convalescence qu'Armand Neels s'initie au braille et devient l'un des premiers transcripteurs bénévoles du petit comité qui va fonder la Ligue Braille. À sa sortie de l'hôpital, en mars 1920, le lieutenant Neels accepte de devenir le trésorier de la nouvelle association. Pendant des années, il cumule les fonctions de trésorier, caissier et comptable. Il restera trésorier jusqu'à son décès en 1971, totalisant un demi-siècle de bénévolat au service des personnes aveugles et malvoyantes.


Photo d'identité d'Armand Neels en noir et blanc, au début des années 1920. La photographie le montre de face, en buste. Il a une moustache noire en brosse à dents et les cheveux noirs, le front très largement dégarni, presque chauve. Il est vêtu d'une chemise blanche à col cassé et d'un veston de couleur sombre, avec une cravate à rayures.

Photo Ligue Braille

Armand Neels au début des années 1920

 

Photographie originale en noir et blanc. Pris à mi-corps, de trois-quarts à gauche, Armand Neels, alors âgé de 80 ans, se tient au centre de l'image, un peu en retrait. Le visage amaigri, les cheveux grisonnants, il porte un veston sombre, avec pochette claire, une chemise blanche et une cravate. À l'avant-plan, sur la gauche, la reine Fabiola, de profil à droite, converse avec une femme qui se tient à la droite de l'image, vêtue d'un manteau en astrakan. La reine est vêtue d'un manteau blanc et coiffée d'un bonnet de fourrure blanche. Elle porte un bouquet de fleurs à la main gauche. On aperçoit encore deux autres personnes, masquées par la reine et son interlocutrice et, à l'arrière-plan, un mur de briques foncées auquel est accroché un porte-manteau.

Armand Neels (au centre) lors de la visite de la reine Fabiola à la Ligue Braille le 3 mars 1970.